jimmyc
04-21-2002, 11:37 AM
Je trouve honteux que le mot de "paix" soit confisqué par ceux qui suivent la mode du Politiquement Correct, cette mode stupide, vile, malhonnête, dont profitent les opportunistes et les parasites. Qu'avec ce mot de "paix", désormais plus dévalué que les mots d'amour et d'humanité, ils puissent pardonner la haine et la bestialité, mais d'un seul côté. Qu'au nom du pacifisme -- ou plutôt du conformisme -- ceux qui il n'y a pas longtemps léchaient les pieds de Pol Pot entraînent aujourd'hui des gens peu informés ou intimidés. En les corrompant, en les faisant régresser un demi-siècle en arrière, àl'époque de l'étoile jaune. Ces charlatans qui se soucient des Palestiniens autant que moi je me soucie d'eux, c'est-ÃÂ-dire pas du tout.
Je trouve honteux que tant d'Italiens et tant d'Européens aient pris pour porte-étendard "monsieur" Arafat. Cette nullité qui joue les Mussolini grâce aux sous que lui verse la famille royale Séoudite; ce mégalomane qui croit pouvoir passer àla postérité comme le George Washington de la Palestine. Cet illettré qui, lorsque je l'ai inteviewé, n'était pas capable de faire une phrase complète ou de produire un discours articulé. (De sorte que pour publier l'interview j'ai dû prendre sur moi de tout composer et tout écrire; j'en étais arrivée àla conclusion que, par rapport àlui, Khadafi faisait figure de génie). Cet espèce de faux guerrier qui se promène toujours en uniforme, comme Pinochet, sans jamais se mettre en civil, mais qui n'a jamais participé àaucune bataille. La guerre, il la fait faire par les autres, il l'a toujours fait faire par les autres. C'est-ÃÂ-dire par tous ces pauvres gens qui croient en lui. Cet espèce d'incapable pompeux qui en récitant son rôle de chef d'État a fait capoter les accords de Camp David et la médiation de Clinton: "Non-non-non-je-veux-Jérusalem-en-entier-pour-moi". Ce perpétuel menteur qui n'a des accents de vérité que pour nier le droit àl'existence d'Israël (il ne le dit qu'en privé) et qui se contredit toutes les cinq secondes, comme je le raconte dans mon livre. Qui joue toujours le double jeu et serait capable de mentir même pour vous dire quelle heure il est.
Impossible de lui faire confiance. Jamais ! Il finit toujours par vous trahir. Cet éternel terroriste qui ne sait faire que le terroriste, tranquille et àl'abri et qui entraînait les terroristes de la bande àBaader-Meinhof, dans les années soixante, quand je l'avais interviewé. Et avec eux des gamins de dix ans. Pauvres gamins. Aujourd'hui, il les entraîne àfaire les kamikazes. Une centaine de bébé-kamikazes sont en cours de fabrication. Une centaine ! Cette girouette qui garde sa femme àParis, servie et adulée comme une reine, et qui garde son peuple dans la merde. Il le sort de la merde pour l'envoyer àla mort, tuer et se faire tuer, comme ces jeunes de dix-huit ans qui pour égaler les hommes doivent se garnir d'explosifs et se désintégrer avec leurs victimes. Et pourtant beaucoup d'Italiens l'aiment, vraiment. Comme ils aimaient Mussolini Et beaucoup d'autres Européens aussi.
Je trouve cela honteux et j'y vois la naissance d'un nouveau fascisme, d'un nouveau nazisme. Un fascisme et un nazisme d'autant plus pernicieux et répugnants qu'ils sont répandus par des gens qui font les belles âmes, les progressistes, les communistes, les pacifistes, les catholiques et les chrétiens en général, qui ont le toupet de traiter de bellicistes ceux qui comme moi crient la vérité. Je le sais, et voici ce que j'ai àdire. Moi, je n'ai jamais été tendre envers ce Sharon tragique et shakespearien (qui m'avait dit avec une certaine tristesse, en 1982, lors d'une interview: "je sais bien que vous êtes venue me voir pour ajouter un scalp àvotre collection"). Je me suis souvent disputée avec les Israéliens et j'ai défendu les Palestiniens dans le passé. Peut-être même plus qu'ils ne le méritaient. Mais je suis du côté d'Israël, je suis du côté des Juifs. Je suis de leur côté comme je l'étais quand j'étais jeune au temps où je combattais avec eux et où les Anne-Larie mouraient fusillées. Je défends leur droit àexister, àse défendre, àne pas se laisser exterminer une seconde fois. L'antisémitisme de tous ces Italiens et tous ces Européens me dégoûte, et j'ai honte de cette honte qui déshonore mon pays et l'Europe.
Tas de Ponce Pilate, plutôt qu'une communauté d'États. Et même si tous les habitants de cette planète pensent autrement, c'est ce que moi je continuerai àpenser.
© Oriana Fallaci, Panorama, 12 avril 2002.
Je trouve honteux que tant d'Italiens et tant d'Européens aient pris pour porte-étendard "monsieur" Arafat. Cette nullité qui joue les Mussolini grâce aux sous que lui verse la famille royale Séoudite; ce mégalomane qui croit pouvoir passer àla postérité comme le George Washington de la Palestine. Cet illettré qui, lorsque je l'ai inteviewé, n'était pas capable de faire une phrase complète ou de produire un discours articulé. (De sorte que pour publier l'interview j'ai dû prendre sur moi de tout composer et tout écrire; j'en étais arrivée àla conclusion que, par rapport àlui, Khadafi faisait figure de génie). Cet espèce de faux guerrier qui se promène toujours en uniforme, comme Pinochet, sans jamais se mettre en civil, mais qui n'a jamais participé àaucune bataille. La guerre, il la fait faire par les autres, il l'a toujours fait faire par les autres. C'est-ÃÂ-dire par tous ces pauvres gens qui croient en lui. Cet espèce d'incapable pompeux qui en récitant son rôle de chef d'État a fait capoter les accords de Camp David et la médiation de Clinton: "Non-non-non-je-veux-Jérusalem-en-entier-pour-moi". Ce perpétuel menteur qui n'a des accents de vérité que pour nier le droit àl'existence d'Israël (il ne le dit qu'en privé) et qui se contredit toutes les cinq secondes, comme je le raconte dans mon livre. Qui joue toujours le double jeu et serait capable de mentir même pour vous dire quelle heure il est.
Impossible de lui faire confiance. Jamais ! Il finit toujours par vous trahir. Cet éternel terroriste qui ne sait faire que le terroriste, tranquille et àl'abri et qui entraînait les terroristes de la bande àBaader-Meinhof, dans les années soixante, quand je l'avais interviewé. Et avec eux des gamins de dix ans. Pauvres gamins. Aujourd'hui, il les entraîne àfaire les kamikazes. Une centaine de bébé-kamikazes sont en cours de fabrication. Une centaine ! Cette girouette qui garde sa femme àParis, servie et adulée comme une reine, et qui garde son peuple dans la merde. Il le sort de la merde pour l'envoyer àla mort, tuer et se faire tuer, comme ces jeunes de dix-huit ans qui pour égaler les hommes doivent se garnir d'explosifs et se désintégrer avec leurs victimes. Et pourtant beaucoup d'Italiens l'aiment, vraiment. Comme ils aimaient Mussolini Et beaucoup d'autres Européens aussi.
Je trouve cela honteux et j'y vois la naissance d'un nouveau fascisme, d'un nouveau nazisme. Un fascisme et un nazisme d'autant plus pernicieux et répugnants qu'ils sont répandus par des gens qui font les belles âmes, les progressistes, les communistes, les pacifistes, les catholiques et les chrétiens en général, qui ont le toupet de traiter de bellicistes ceux qui comme moi crient la vérité. Je le sais, et voici ce que j'ai àdire. Moi, je n'ai jamais été tendre envers ce Sharon tragique et shakespearien (qui m'avait dit avec une certaine tristesse, en 1982, lors d'une interview: "je sais bien que vous êtes venue me voir pour ajouter un scalp àvotre collection"). Je me suis souvent disputée avec les Israéliens et j'ai défendu les Palestiniens dans le passé. Peut-être même plus qu'ils ne le méritaient. Mais je suis du côté d'Israël, je suis du côté des Juifs. Je suis de leur côté comme je l'étais quand j'étais jeune au temps où je combattais avec eux et où les Anne-Larie mouraient fusillées. Je défends leur droit àexister, àse défendre, àne pas se laisser exterminer une seconde fois. L'antisémitisme de tous ces Italiens et tous ces Européens me dégoûte, et j'ai honte de cette honte qui déshonore mon pays et l'Europe.
Tas de Ponce Pilate, plutôt qu'une communauté d'États. Et même si tous les habitants de cette planète pensent autrement, c'est ce que moi je continuerai àpenser.
© Oriana Fallaci, Panorama, 12 avril 2002.